On parle souvent du « Plan Grand Froid » et de la nécessité d’ouvrir des lits supplémentaires en abri de nuit pour permettre aux personnes sans-abri de trouver un refuge durant les heures les plus froides de l’hiver. Et pourtant, c’est bien durant l’été que les conditions climatiques sont les plus difficiles à supporter pour les personnes en situation de précarité. La fatigue, le manque de zones d’ombre, les logements précaires qui se transforment en véritables étuves ou encore la déshydratation sont autant de facteurs qui rendent les conditions de survie encore plus éprouvantes lorsque les températures grimpent.
Au sortir des périodes de fortes chaleurs, le bilan est lourd. Sciensano estime la surmortalité due aux vagues de chaleur à 2 000 personnes, soit 48 % de mortalité en plus en Belgique. À cela s’ajouteraient les conséquences de la sécheresse, particulièrement désastreuses pour notre biodiversité.
Une précarité brabançonne largement méconnue
Lors du dénombrement officiel du sans-abrisme mené le 28 octobre 2022 par la Fondation Roi Baudouin, l’UCLouvain et la KU Leuven, 888 personnes ont été recensées dans notre province. Derrière ce chiffre se cache une réalité locale méconnue : l’hébergement d’urgence classique ne représente que 0,5 % des situations. Le sans-abrisme en Brabant Wallon est majoritairement invisible, marqué par l’accueil temporaire chez des proches (35,6 %) ou la vie en maison d’accueil et logements de transit (36,1 %).
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Deux statistiques issues de ce rapport doivent particulièrement nous interpeller :
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62 % des personnes dénombrées sont nées en Belgique ; ce qui signifie que près de 4 personnes sur 10 (38 %) sont nées à l’étranger.
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Sur ces 888 personnes, 267 sont des enfants. Ce chiffre est un choc : 30 % de la population sans-abri de notre province est mineure.


